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Une nouvelle année universitaire commence et la FAEP publie son traditionnel indicateur du coût de la rentrée. Un constat qui, cette année encore, pose de nombreuses questions sur les conditions d’études sur le territoire picard. Alors que le mois dernier la FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) relevait une augmentation de 1.01% du coût de la rentrée au niveau national, le constat local est d’autant plus alarmant.

2 208.38€.

C’est le prix que coûtera la rentrée universitaire en 2016 pour un étudiant picard, soit une augmentation de 1.03%. Si les récents engagements du gouvernement obtenus par le réseau des associations étudiantes pour la rentrée 2016 permettent une stagnation des frais spécifiques de rentrée (-0.17%) ; les frais de la vie courante sont quant à eux en nette augmentation (+2.59%) qui ne peut être uniquement expliquée par la simple répercussion de l’inflation.

Cette augmentation constante depuis plusieurs années s’aggrave pour la rentrée 2016 et amène trop souvent les étudiants, dans une région particulièrement frappée par la précarité, à exercer une activité salariée sans lien avec leur formation en marge de leur cursus académique.

Si ces frais de vie courante sont en augmentation, cela s’explique majoritairement par le montant en constante hausse des frais inhérents au logement. En effet, si l’encadrement des frais d’agence de la loi ALUR a permis de limiter les frais ponctuels, l’augmentation des frais courants de logement reste quant à elle alarmante et représente aujourd’hui près de 50% des dépenses mensuelles des étudiants picards.

Face à ce constat, seules des politiques publiques actives en faveur de l’autonomisation des jeunes seront nécessaires pour garantir un accès équitable et pour tous à l’Enseignement Supérieur et la FAEP restera engagée et mobilisée pour défendre en ce sens les droits des étudiants.

A l’heure où la mobilisation des associations étudiantes a permis l’engagement du gouvernement sur le gel des frais d’inscription à l’Université, la FAEP reste alarmée par le coût vertigineux des formations d’Enseignement Supérieur privées sur le territoire. Cette politique de sélection sociale par l’argent fermant des portes à de nombreux étudiants et allant à l’encontre de toute volonté d’ouverture et de justice sociale dans l’Enseignement Supérieur.

Ce constat d’une augmentation du coût de la rentrée sur le territoire picard s’applique également à l’intégralité de la Région Hauts-de-France, qui s’est récemment engagée en faveur de la jeunesse en décidant de maintenir les aides régionales aux étudiants. Un premier pas qui en appelle d’autres. Les fédérations étudiantes territoriales seront toutes, j’en suis convaincu, extrêmement vigilantes quant à l’avenir de ces dispositifs qui, pour de nombreux étudiants, restent aujourd’hui indispensables.

Un constat d’une rentrée 2016 qui, bien qu’il contienne des augmentations nettes de certains postes de dépense, notamment des frais de vie courante, laisse entrevoir des perspectives encourageantes qui nécessitent un engagement fort et durable des pouvoirs publics.

Espérons qu’ils soient au rendez-vous,
La FAEP quant à elle y sera, soyez-en assurés.

Alexis Her
Président de la FAEP

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Jeudi c’est la 1ère Journée d’Accueil des Etudiants sur Amiens ! Pour l’occasion de nombreuses activités vous seront proposées par les associations étudiantes toute la journée ! Jeu sur la contraception et barbe à papa avec les étudiants sages-femmes, un trivial poursuit géant avec la FAEP,

Dès 18h la FAEP organise la “KOLOR FUN RUN

Sous forme de course d’une longueur de 5 kilomètres, plusieurs départs la “KOLOR FUN RUN” seront lancés à partir du kiosque au parc de la Hotoie. Le dernier départ aura lieu à 19h

Des Welcome Pack et des bouteilles d’eau seront disponibles sur la zone de départ ainsi qu’un échauffement en musique pour les plus sportifs d’entre vous

Sur le parcours, des lancers de poudre de couleur auront lieu en quatre points identifiés. Un stand de ravitaillement est prévu à mi-parcours afin de permettre aux coureurs de se rafraîchir ou de manger quelque chose.

C’est gratuit,
Pas besoin de s’inscrire,
Ouvert à tous,
Et en plus, selon météo France il fait beau

N’hésitez plus, Rendez-vous jeudi dès 18h !!

 

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La Pentecôte.

Pour certains, c’est un jour de repos, un jour de fête religieuse, un jour familial ou encore un jour de travail.

Pour Haris et moi-même, bénévoles à la Fédération des Associations Étudiantes Picardes, ce fut en tout cas un jour exceptionnel, un jour empli d’humanité car c’est bien l’aspect « humain » que nous garderons le plus en mémoire de ce 16 mai 2016. Avec Philippe et Clémence, deux membres du collectif « Collecte dans la Somme pour les migrants de Calais », nous avons en outre apporté à Calais les dons provenant de la collecte co-organisée par la FAEP et l’aumônerie étudiante d’Amiens durant ces dernières semaines.

L’aventure commença la veille lorsque nous attendions avec d’autres membres du Collectif que des particuliers apportent comme à chaque veille de départ pour Calais des dons au Saint-Honoré. On fait connaissance, on rigole, ils nous racontent leur engagement et nous on leur dit pourquoi on est là ! Parce qu’on pense qu’un être humain doit garder sa dignité et qu’on ne peut pas lui reprocher d’avoir dû fuir d’un pays en guerre. Les deux véhicules qui doivent faire la route jusqu’à Calais sont vite pleins grâce à la générosité de plusieurs personnes.

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La nuit fut assez courte, entre tri des dons, révisions pour les partiels et surtout interrogations ! Est-ce que nous verrions ces courses-poursuites entre CRS et migrants ? Est-ce que nous verrions cette violence que ne cessent de nous montrer nos postes de télévision lorsqu’un reportage aborde la « jungle » de Calais ?

Notre première étape fut l’entrepôt de l’Auberge des Migrants se trouvant un peu à distance du camp ! Un truc de fou ! C’est ici que l’on dépose tout ce qui n’est pas alimentaire et qui sera par la suite redistribué selon les besoins. Philippe nous fait visiter, il commence à bien connaitre l’endroit. Il nous montre l’espace où l’on trie par type et par taille les vêtements, l’espace où l’on stocke les denrées, les « cuisines » où l’on prépare jusqu’à 3000 repas par jour, la zone où l’on coupe du bois en permanence même si avec les beaux jours qui arrivent, les « bûcherons » ralentissent la cadence. Tout a été aménagé par des bénévoles, des bénévoles anglais, français, allemands, belges voire même des réfugiés eux-mêmes qui ont décidé de donner de leur temps. Certains restent une journée, d’autres une semaine voire plusieurs semaines et logent dans des vieilles caravanes. Toutes les cultures et générations se mélangent dans une bonne ambiance de partage ! C’est une sorte d’AGORAé mais puissance 1000 ! Le seul bémol fut peut-être de n’avoir vu que très peu de Français…

La prochaine étape fut directement le camp ! Une cuisine tenue par des bénévoles belges et qui sert jusqu’à 1000 repas par jour est en manque de nourriture ! On reprend les véhicules. Jour de chance, nous passons devant les CRS et pouvons entrer dans le camp avec les véhicules, la cuisine belge étant à quelques mètres après l’entrée.

Les « cuistots » belges sont heureux de nous voir ! Encore des bénévoles qui n’ont pas voulu rester sans rien faire. On descend les denrées et ils nous font visiter leur « cuisine » qu’ils viennent de réaménager. Ils nous racontent qu’ils ont dû fermer trois jours pour la première fois depuis leur ouverture en septembre ! Leurs stocks n’ont pas résisté avec l’arrivée massive des réfugiés se trouvant sur la partie du camp qui a été détruite il y a peu. Notre distribution faite, nous continuons à pieds en suivant Clémentine qui nous emmène vers les baraquements de syriens avec qui le collectif a bien sympathisé depuis le temps !

Nous marchons dans « l’avenue principale » où de chaque coté se trouvent des baraquements de fortune même si des plus solides en bois commencent à être construits par les réfugiés. Nous avons de la chance, il ne pleut pas ! “En automne et en hiver, tout est inondé”, nous dit Philippe ! Si quelques points d’eau ont été installés, aucune évacuation n’est prévue ! L’eau sâle stagne, tout comme les détritus amenant une odeur épouvantable ainsi que des rats. Cette fois-ci, c’est certain, nous ne sommes plus en France ! Le pays des Droits de l’Homme ne tolérerait pas ça !

Les personnes que nous croisons, ou plutôt qui déambulent devrais-je dire, nous disent bonjour. La plupart doivent avoir notre âge. Des bénévoles sont aussi présents pour apporter un peu d’humanité. Nous passons devant Médecins du monde, qui prodiguent des soins dans deux vieilles caravanes aménagées pour. Autour d’une table, pour passer le temps, des réfugiés jouent aux dominos.

Après avoir monté une petite dune de sable nous arrivons en « Syrie », où l’on nous accueille avec beaucoup de chaleur ! Les réfugiés syriens sont contents de revoir Philippe et Clémence. Ils nous font entrer dans leur modeste demeure de 3 mètres sur 2 environ dont les murs sont recouverts de couverture pour une meilleure isolation.

Nous abandonnons Clémentine car Philippe souhaite absolument apporter quelques gâteaux et des cahiers à l’école laïque du chemin des Dunes qui a été fondée par l’un des réfugiés Zimako qui a même été désigné personnalité de l’année 2015 par les internautes suite au concours du journal « Nord Littoral » ! Nous rebroussons donc chemin, l’école se trouvant sur la partie du camp qui a été rasée ! Signalons que seules l’école et l’Eglise ont été épargnées par les bulldozers.

Nous retrouvons Zimako qui est content de nous voir et nous parle de ses futurs projets pour le camp ainsi que de la vie quotidienne. Malheureusement, les enfants vont moins à l’école se trouvant désormais assez loin de l’endroit où ils logent. Mais ce n’est pas pour ça que les classes ne se tiennent pas ! Nous entrons dans un baraquement où une cinquantaine d’adultes apprennent soit le français soit l’anglais avec des bénévoles ! « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons » disait Victor Hugo.

C’est une véritable ville dans la ville ! Les réfugiés ont appris à se débrouiller !

Nous retournons voir nos amis syriens ! Le cœur sur la main ils tiennent absolument à ce que l’on partage le repas du midi avec eux, pour les réfugiés c’est régulièrement le seul de la journée.

Ce que nous mangeons est délicieux ! Connaissant nos traditions, ils nous ont sorti des assiettes et couverts alors qu’eux mangent directement dans le plat. Ils n’hésitent pas à nous reservir une deuxième fois alors que la nourriture est précieuse.

Après avoir mangé, nos hôtes savent mettre de l’animation en jouant du djembé,  en chantant, en pratiquant leur danse traditionnelle et ils nous ont amené des chaises pour que nous puissions nous asseoir ! Nous rigolons bien avec eux, ils gardent leur joie de vivre malgré tout ! Mais pour eux c’est normal, la vie à Calais est une deuxième vie !

Ils nous montrent justement des vidéos de leur ville d’origine; comment elle était avant puis après les bombardements qui ont tout rasé la plupart du temps. Ils nous montrent également les photos qu’ils ont faites durant leur trajet pour venir jusqu’ici.

En face de leur baraquement, a été installée une clôture verte où de l’autre coté se trouvent des « blocs » installés par l’État pour que les migrants puissent venir y dormir et s’y doucher. Mais pour y entrer il faut y laisser ses empreintes et laisser ses empreintes signifie abandonner toute chance de gagner l’Angleterre pour rejoindre de la famille.

Un jeune réfugié qui voulait passer en Angleterre a décidé désormais de rester en France ! Dans un français compréhensible, il nous dit qu’il attend désormais une réponse à sa demande de statut de réfugié, demande effectuée depuis plusieurs mois ! Si sa demande est acceptée, il reprendra des études en France dans l’espoir de devenir journaliste !

Avant de repartir, Philippe souhaite prendre un thé au restaurant « les 3 idiots » ouvert par un pakistanais (et qui a comme rêve d’en ouvrir un à Paris) qu’il connaît depuis un certain temps maintenant. Encore une fois, nous sommes accueillis chaleureusement par le patron qui nous prend dans ses bras quand nous partons.

Même scène lorsque nous disons au revoir à nos amis syriens dont certains nous raccompagnent à nos véhicules. Cela nous fait un peu mal au cœur de les laisser dans cette misère. Nous leur disons à bientôt car il est certain que nous reviendrons.

Nous récupérons nos voitures et sortons du camp, voilà nous sommes revenus en France sans avoir été agressé mais en étant un peu plus humains que lorsque nous étions entrés.

David, Vice-Président de la FAEP

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